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Amnisties et élections
présidentielles
Définition du
problème :
L'amnistie annoncée (ou espérée
faute de prise de position d'un candidat "crédible") des infractions au code de
la route peut être
un facteur modifiant les attitudes des usagers. Plusieurs études statistiques de
séries chronologiques d'accidents mortels observés au cours des vingt dernières
années concluent en faveur de cette hypothèse.
Description du contexte, des
enjeux, des nécessités :
Le vote d'une loi d'amnistie après une élection
présidentielle est en lui-même une anomalie qui devrait être supprimée. L'usage
abusif de cette procédure dans le passé, notamment pour effacer des délits
concernant le financement des partis politiques, des délits financiers commis
par des élus et des abus de biens sociaux dans l'exercice de fonctions électives
a fait de cette procédure une forme de blanchiment de l'argent obtenus par des
procédés illicites par le corrupteur ou le profiteur. Etendre
l'amnistie à un nombre élevé de citoyens ayant commis des infractions au code de
la route est un procédé particulièrement pervers permettant de compromettre une
part importante de la société dans ce mécanisme d'effacement de fautes, alors
qu'il ne faut
pas oublier celles qui sont commises par des élus dans l'exercice de leurs
fonctions. Elle veut dire en pratique : "nous vous pardonnons et nous nous
pardonnons, nous sommes comme vous et vous bénéficiez des mêmes passe-droits que
nous !". La suppression de toute loi d'amnistie serait un retour au valeurs de
la République et au respect des lois.
Le débat sur l'amnistie des fautes de conduite, que nous
avions initié dès les élections de 1988, s'est développé au cours de l'hiver
2001/2002 et a abouti à l'abandon de cette pratique dangereuse lors du vote de
la loi d'amnistie qui a suivi l'élection présidentielle. Ce débat a contribué à
réintroduire la sécurité routière dans l'agenda politique et a provoquer les
décisions qui ont conduit au succès que l'on connaît maintenant (42% de
réduction de la mortalité sur les routes depuis mai 2002, alors que pendant la
législature précédente la réduction avait été inférieure à 3% dans les cinq
années qui ont précédé les élections : 8008 tués dans les 12 mois se terminant
en mai 1997 et 7828 tués dans les 12 mois se terminant en mai 2002).
Le débat scientifique qui avait été initié par nos
affirmations d'un lien entre anticipation de l'amnistie s'est poursuivi depuis
l'élection de 2002. Il faut rappeler que l'annonce de Jacques Chirac de sa
décision de demander au nouveau Parlement de ne pas amnistier les fautes de
conduite a été tardive (fin mars 2002), ce qui permettait à certains usagers
d'espérer qu'il y aurait encore une amnistie des fautes de conduite commises
avant mai 2002. L'analyse des séries chronologiques de la mortalité mensuelle
faite par Régis Bourbonnais et Thierry Granger de l'université Paris Dauphine
leur fait conclure à une surmortalité d'environ 340 tués pendant la période
précédent l'élection de 1988, 240 tués avant l'élection de 1995 et 240 tués
avant l'élection de 2002. La difficulté de l'analyse statistique est liée
notamment à la date de début retenue pour la période d'anticipation de
l'amnistie. La pratique la plus objective semble de retenir le moment où une
revue spécialisée comme l'Auto-Journal explique sur deux pages comment on peut
atteindre l'élection présidentielle en jouant la montre pour ne plus assumer
les conséquences de ses fautes de conduite. Les mois où ces articles sont
apparus étaient novembre 1987, septembre 1994 et mars 2001 pour les trois
dernières élections. Rappelons qu'il n'y avait pas eu d'anticipation possible de
l'amnistie lors du départ du Général de Gaulle et de la mort du président
Pompidou et que lors de l'élection de 1981 aucun article de fond n'était paru
sur la perspective d'une amnistie, expliquant les méthodes à mettre en oeuvre
pour en "bénéficier".
Des documents sur le risque lié à la
vitesse sont réunis sur le site www.apivir.org
et sur le débat technique concernant l'amnistie 2001/2002 sont sur le site
www.securite-routiere.org (passer
par le sommaire du site)
Nous présentons en annexe à notre
fiche sur l'amnistie :
-
une étude statistique simple établissant le risque d'erreur auquel on
s'expose en affirmant que les périodes précédant une éventuelle amnistie des
infractions au code de la route accroît la mortalité par accident.
- un tableau des données et un
graphique concernant les amnisties de 1988, 1995 et 2002,
-
un graphique
actualisant les données pour 2006/2007 est également présenté. A la
différence des années 1987, 1994 et 2001 la presse spécialisée automobile n'a
pas publié de textes "préparant" les usagers infractionnistes à bénéficier de
l'amnistie et susceptible de réduire les motifs de respecter les règles du code
de la route. Ce n'est que dans les deux derniers mois de 2006 que le débat a
émergé, quand la candidate désignée par le Parti socialiste n'a pas exprimé sa
position sur le problème alors qu'elle avait annoncé une décision pour le mois
de novembre. "L'espoir d'une amnistie" était donc très faible avant décembre
2006. Attention, les valeurs utilisées pour ce graphique sont légèrement
différentes de celles utilisées pour produire le graphique qui avait été réalisé
pour les trois élections précédentes. Cela s'explique par les modifications de
la méthode utilisée depuis 2006, les décès sont pris en compte jusqu'au 30ème
jour après l'accident et non au 6ème jour comme dans le passé. Le coefficient
multiplicateur est actuellement estimé à 1,069 pour passer de 6 à 30 jours. Les
valeurs de la période 1987/2006 sont toutes des valeurs ramenées à 30 jours sur
ce graphique.
- une
note produite par deux enseignants de
Paris-Dauphine présentant leurs conclusions sur le nombre de tués attribuables à
l'amnistie de ces trois élections présidentielles,
- le rapport de 2002
(attention texte de 254 Ko) comparant trois méthodes d'estimation des effets
de l'amnistie sur la mortalité routière pour les élections de 1988 et 1995.
Il est important de mettre ce texte à la disposition de ceux qui commentent
ces problèmes car manifestement ceux qui affirment que cette étude concluait
à l'absence d'influence de l'amnistie sur la mortalité routière ne l'ont pas
lue. La première méthode utilisait les séries de valeurs corrigées des
variations saisonnières et de l'effet météo, la conclusion des auteurs était
la suivante "
On observe graphiquement à l'aide du
modèle GIBOULEE des fluctuations de la tendance pendant les périodes
précédant les élections présidentielles de 1988 et 1995 (inflexion à la
hausse modérée en 1995 et plus marquée en 1988 après la forte baisse de
l'année 1987). Ce modèle est descriptif. Il ne
permet donc pas d'attribuer ces fluctuations à un facteur particulier."
Cette conclusion est conforme aux principes de base d'une telle analyse, une
relation statistique ne permet pas une interprétation causale dans un tel
contexte. La seconde méthode (ARIMAX) permettait d'évaluer une part de
mortalité attribuable à un événement intervenant pendant la période
d'anticipation annoncée de l'amnistie, la conclusion des auteurs était la
suivante : "
L'ampleur de l’effet des perspectives d’amnistie de 1988 est plus
grande ( 400 à 500 tués supplémentaires, de septembre 1987 à juillet 1988),
qu’elle ne l’est pour celle de 1995 (100 à 180 tués de plus, de décembre
1994 à juin 1995). Seul l'accroissement relatif à
l'élection de 1988 est statistiquement significatif, soit 517 tués
supplémentaires avec un seuil de confiance de 0,04.".
La troisième méthode (GAM)
a abouti aux conclusions
suivantes :" L’analyse réalisée, en
l’absence d’une prise en compte satisfaisante des facteurs de confusion,
tels que les conditions météorologiques, ne permet pas de conclure. De plus, elle ne permet
pas de s’assurer que le partage entre l’effet saisonnier et un éventuel
effet de l’amnistie est correct.".Il
serait particulièrement intéressant de reprendre ces trois méthodes en
ajoutant les données de l'élection de 2002.
- un texte de la Ligue
contre la violence routière. publié par la revue Pondération en novembre
2001
- un texte de Claude Got
détaillant les
éléments à prendre en compte dans l’expertise
des effets possibles sur l’insécurité routière de l’amnistie accompagnant l’élection du
président de la République.
Description des difficultés, des solutions possibles :
Il convient non seulement de maintenir cette suppression de
l'amnistie des fautes de conduite mais de l'étendre à l'ensemble des
contraventions aux code de la route car l'amnistie doit demeurer une forme de pardon
de fautes passées et ne pas devenir une possibilité d'incitation à la faute par
la garantie de son impunité. Toutes les infractions aux règles du code de la route doivent
être exclues de l'amnistie. Le produit des contraventions de stationnement
contribue aux budgets des municipalités, elle leur permet d'améliorer la
sécurité et de développer des transports en commun. Il s'agit là
d'intérêts généraux de sécurité sanitaire qui justifient notre demande d'achever la procédure de réduction progressive du champ de
l'amnistie des infractions au code de la route entreprise en 1988.
Demande précise faite au candidat
:
Vous engagez vous, si vous êtes élu, à demander au Parlement d'exclure de la loi
d'amnistie la totalité des infractions au code de la route, y compris les
infractions aux règles de stationnement ?
Réponse faite par
le candidat :
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